7-9 janvier 2008 : secours au Verneau

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L'année 2008 a commencé avec une opération de secours parmiles plus médiatisées : une équipe de 6 spéléos franc-comtois s'est trouvée bloquée par une très forte crue dans le réseau du Verneau.

Voici 8 pages consacrées à l'évènement et à ses suites dans la presse régionale.

Pascal Reilé, hydrogéologue à Besançon a été chargé d'établir une expertise visant à déterminer les causes de l'incident.

Son rapport est téléchargeable ICI (format .pdf - 700 ko)

Des photos du secours sur le site du CDS 25

Rétrospective au JT de France 3, 30/12/2008

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L'Est Républicain - 08 janvier 2008

Toujours sans nouvelles

Six spéléos sont bloqués depuis samedi dans le réseau du Verneau. Le niveau de l'eau rend les recherches difficiles mais les sauveteurs restent confiants.
DESERVILLERS._ - C'est l'éternel problème des secours spéléos.Une fois l'alerte donnée il est impossible d'évaluer les moyens véritablement nécessaires avant d'entrer en contact avec les prisonniers du gouffre. Sont-ils blessés, en réel danger ou seulement empêchés temporairement de rejoindre la surface? Et dans ce cas peuvent-ils attendre?
Hier, une trentaine de bénévoles du Secours spéléo français (SSF) et une quarantaine de sapeurs-pompiers ne pouvaient toujours pas répondre à ces questions, à Déservillers. L'attente se prolongeant en raison d'un niveau et d'un débit des eaux souterraines qui rendaient impossible l'accès au réseau.

Hier, une centaine de spécialistes, spéléos, pompiers, gendarmes, médecins attendaient que l'eau baisse dans le Verneau.

Des pratiquants chevronnés

Pour autant, les amis de Didier Pasian, Mouloud Koob, Stéphane Guignard, Denis Drumetz, Pierre Bourgoin et Yannick Faivre ne se montraient pas plus inquiets que ne l'exigeait sereinement la situation.Les six spéléos comtois et lorrains, bloqués depuis samedi dans le réseau du Verneau sont tous des pratiquants chevronnés.
Parmi eux se trouvent le conseiller technique départemental du SSF 25 et un sapeur-pompier du GRIMP de Pontarlier. Il y a peu de risque que l'équipe perde son sang-froid face à l'adversité. Rompue aux exercices de secours, elle a très probablement construit un point chaud avec l'aide de quelques couvertures de survie et d'une lampe à acétylène afin de patienter le plus confortablement possible. Sa réserve de nourriture conditionnée pour une expédition de plus de 24 heures doit lui permettre également de tenir plusieurs jours sans trop souffrir de la privation.
Ensuite, si le Verneau avec ses 33 km de développement conserve bien des mystères, les six spéléologues l'ont suffisamment arpenté pour en connaître les principaux pièges mais aussi les refuges sûrs. Ils étaient d'ailleurs partis pour explorer un secteur de galeries sèches dite du Creux Grillet don la connaissance méritait d'être approfondi.
Le plus étrange de l'affaire est de retrouver ces hommes-là, dans une situation où on ne les attendait pas. Didier Pasian étant celui qui d'habitude coordonne et rassure en amont des équipes de secours.
Inévitablement la question se pose donc, comment ont-ils pu se faire piéger? «Le bulletin météo est une chose, la réaction du réseau en est une autre» répond pour l'instant le Jurassien Éric David, conseiller technique national du SSF.

40 mm de pluie en 48 heures

«Les précipitations du week-end n'ont pas été aussi importantes que cela.Il est tombé 40 mm de pluie en 48 heures dont 30 mm dans la seule nuit de dimanche à lundi, ce qui nous a d'ailleurs obligés à battre en retraite lors de la première expédition de secours.» Partie vers 2 heures du matin, elle a en effet dû rebrousser chemin face à une brusque montée des eaux.
Le niveau se stabilisant vers 9 h, une seconde équipe de reconnaissance a pu être engagée vers 19 h hier soir. De 8 à 10 heures sont en effet nécessaires pour enregistrer une baisse significative du ruisseau souterrain.Avec cette fois l'espoir de faire enfin la jonction avec les six prisonniers du Verneau. et les ramener à la surface dans la matinée.

Un réseau énigmatique

La traversée du réseau du Verneau, entre Déservillers et Nans-sous-Sainte-Anne, des Biefs Boussets à la grotte Baudin, représente une distance de 8 km pour un parcours de 15 à 16 heures.
Elle nécessite une pratique expérimentée de la spéléologie, tant sur un plan technique que sportif.
Le risque principal, à l'exception d'une chute, est de se retrouver bloqué en raison d'une brusque montée des eaux.

Vaste bassin versant

Pour autant, la réaction du réseau qui répond à un vaste bassin versant «demeure une énigme», convient Éric David, conseiller technique nationale du Spéléo secours français.
Ainsi, les six spéléos bloqués ne pouvaient ignorer ce risque.
En avril 1990, ainsi qu'en décembre 1991 et 1999, c'est ce qui était arrivé bien que les secours n'aient pas eu systématiquement à intervenir. Et en mai 2002, alors qu'un violent orage faisait craindre le pire pour deux explorateurs belges, on n'enregistra aucune répercussion sur le cours du ruisseau...
Le dernier secours de grande ampleur dans le département du Doubs est celui du bief Paroux, à Goumois, en mai 2001. Durant quatre jours, six étudiants suisses accompagnés par une animatrice non-spéléo sont restés bloqués sous terre, et plus d'une centaine de spéléologues se sont mobilisés, sans compter les moyens mis à disposition par les sapeurs pompiers et la gendarmerie.

Fred JIMENEZ


L'Est Républicain - 09 janvier 2008

Deux dans l'après-midi, puis quatre en soirée, les six spéléologues franc-comtois et lorrain prisonniers du Verneau sont enfin sortis du gouffre. Sains et saufs.
DÉSERVILLERS. -
Couverts de boue, les traits tirés mais souriants, ils sont quatre à retrouver l'air libre. Il est un peu plus de 22 h30 hier soir. Le Verneau vient de libérer ses derniers prisonniers à Déservillers, dans le Doubs.
À leur apparition, Didier Pasian, Stéphane Guignard, Yannick Faivre et Denis Drumetz, originaire d'Houdemont, en Meurthe-et-Moselle et seul Lorrain de l'expédition, sont accueillis par le préfet de la région Franche-Comté, ainsi que par les cris et les applaudissements de leurs proches.
Ils vont aussitôt embrasser leurs deux camarades, sortis quelques heures plus tôt à l'autre bout de la galerie souterraine, sur la commune de Nans-sous-SaintAnne.

Debriefing en règle

C'est dans cette dernière localité que la libération des deux premiers spéléos s'est en effet déroulée. Repérés à 12 h45, Mouloud Koob, 39 ans, de Valdahon et Pierre Bourgoin, 42 ans, de Miserey-Salines, ont pu assister à leur premier coucher de soleil depuis quatre jours.
À 15 h36, ils étaient dehors et à 16 h25 à l'abri du gîte du Lison, où les attendaient une équipe médicale et les responsables des secours pour un débriefing en règle.
Pierre Bourgoin a juste le temps d'embrasser et de rassurer sœur, beau-frère et neveu qui l'attendent depuis plusieurs heures au pied de la falaise, avant d'être pris en charge.
Un peu fatigué par l'épreuve, il affiche toutefois comme son compagnon une assez belle énergie. Une demi-heure plus tard, leur odyssée est rapportée par Samuel Prost, conseiller technique du SSF et le colonel André Benkemoun, patron des pompiers du Doubs qui supervise les opérations de secours.

Séparation involontaire


C'est samedi après-midi, quelques heures après sa descente dans le gouffre, que le groupe s'est retrouvé piégé puis séparé lors de la traversée d'une salle en eau.
Emportés bien malgré eux par le courant, Koob et Bourgoin n'ont alors pas été suivis par leurs camarades qui ont choisi la voie de la sagesse en se repliant vers une salle proche, dite du Bivouac qui, comme son nom l'indique, a servi de tout temps d'étape dans la traversée du Verneau.
Elle a été «équipée» avec des réserves de carbure, de vieux sacs de couchage, voire même des matelas par les équipes qui s'y sont succédé au fil du temps.
Pour ceux-là, l'attente commence, gérée sans aucun doute avec l'expérience qui caractérise ces piliers du Spéléo secours du Doubs. Bien obligés de poursuivre leur chemin, les deux autres vont alors choisir de progresser vers la sortie et installer un point chaud dans une autre salle leur offrant suffisamment de sécurité. Ils ne sont pas non plus des novices, connaissent leurs limites et les techniques de survie dans ce milieu rapidement hostile.
C'est à 500 m de l'issue qu'ils sont finalement rejoints, hier, par l'équipe qui vient à leur rencontre par la grotte Baudin.

Pas de déclaration

Pendant ce temps, une équipe de neuf spéléos dont des plongeurs, est descendue vers 6 h du matin pour tenter de franchir le siphon en U de 11 m, qui bloque depuis samedi le retour des spéléos à un bon tiers du parcours depuis l'entrée des biefs Boussets.
La jonction avec leurs camarades prisonniers est réalisée vers 15 h, mais n'est communiquée qu'en fin d'après-midi, alors que l'inquiétude grandit au PC de surface soumis à la douche écossaise des informations en provenance du ventre du Verneau.
Il aura fallu attendre la soirée pour que cette aventure connaisse un épilogue heureux. «Je vous en prie, pas de déclaration, on vient de passer tant d'heures à l'intérieur», a juste lancé l'un des spéléos à sa sortie.
Selon les premiers éléments recueillis, il semblerait que le groupe avait bien consulté la météo avant de se glisser sous terre, sous-estimant cependant les conséquences du dégel dû au radoucissement spectaculaire des températures.

Fred JIMENEZ

Deux des spéléos prisoniers du Verneau étaient déjà ressortis dans l'après-midi. Les quatre autre ont regagné la surface vers 22h30. Tous vont aussi bien que possible.
DESERVILLERS- Les six spéléologues bloqués depuis samedi dans une grotte à Déservillers (Doubs) sont tous ressortis sains et saufs mardi, deux dans l'après-midi et quatre autres peu après 22h30.
«Je ne pense pas qu'on puisse dire qu'ils aient pris des risques inconsidérés, ce sont des gens confirmés, sérieux. Ils ont été surpris par la rapide montée des eaux. Ils connaissaient la météo mais on ne maîtrise pas tout», a déclaré à la presse mardi soir le préfet de la région Franche-Comté, Jacques Barthélémy.
«Ils sont en bonne condition physique, comme on peut l'être après trois jours passés sous terre mais ils ne souhaitent pas s'exprimer à la presse», a affirmé quant à lui le colonel des pompiers André Benkemoun.

La salle du Bivouac

«C'est évident que leur expérience leur a permis de gérer au mieux leur attente sous terre, de se rationner en nourriture et de se positionner exactement là où on les attendait. Ils avaient même préparé l'arrivée des secours», a déclaré pour sa part Samuel Prost, conseiller technique adjoint du Spéléo secours français.
Selon Eric Zipper, président du Spéléo secours français, «c'était un accident». «Les deux premiers se sont faits emporter par les eaux à mi-parcours, dans une salle inondée. Voyant cela, les quatre autres ont préféré ne pas franchir cet obstacle et se retrancher dans la salle dite du bivouac», où ils ont attendu les secours, a-t-il expliqué.
Les deux premiers spéléologues, avec lesquels les secours étaient parvenus à établir un contact mardi à 13H30, sont ressortis vers 16H10 de la grotte Baudin, sur la commune de Nans-sous-Sainte-Anne, à une quinzaine de kilomètres en aval du gouffre des Biefs Boussets, à Déservillers, d'où l'expédition était partie samedi.
Quant aux quatre autres, couverts de boue, les traits tirés mais souriants, ils ont regagné la surface peu après 22h30, à l'entrée du gouffre des Biefs Boussets.
Selon les déclarations des deux premiers rescapés, recueillies par les secours dans l'après-midi, la séparation du groupe a eu lieu samedi après-midi, à mi-parcours.
Depuis, les deux spéléologues n'avaient plus de nouvelle de leurs camarades.
Depuis la nuit de dimanche à lundi, les secours s'étaient relayés pour tenter de localiser les six spéléologues, tous chevronnés, âgés de 29 à 45 ans, partis samedi explorer le gouffre des Biefs Boussets, d'où se développe le plus grand réseau de galeries de France.
Les spéléologues disposaient de vivres, de vêtements et d'équipement pour tenir plusieurs jours. Originaires du Doubs, du Territoire-de-Belfort et de la Meurthe-et-Moselle, ils devaient initialement sortir de terre dimanche en milieu de journée.

L'Est Républicain - 10 janvier 2008

Le témoignage des rescapés

Trois des six spéléos ont raconté leur mésaventure, hier, en expliquant les choix de l'expédition et leur surprise de se retrouver prisonniers du réseau.
DESERVILLERS. En bonne forme malgré le contrecoup de la tension endurée pendant près de quatre jours, trois des six spéléos étaient présents hier, à Déservillers pour faire le point sur leur mésaventure. Le Lorrain Denis Drumetz et les Comtois Didier Pasian et Stéphane Guignard n'ont pas éludé la question brûlant les lèvres:

Les derniers rescapés du Verneau ont surtout eu peur pour leur copains entraînés par la rivière.

  • Comment des spéléologues avec une vingtaine d'années d'expérience ont-ils pu se faire piéger?

Cette sortie ne devait poser aucun problème.Nous avions pris le bulletin météo la veille au soir.Nous en avions discuté ensemble. De la pluie était annoncée mais pas tant que cela et le niveau des eaux souterraines était bas car il n'avait pas plu depuis très longtemps sur le secteur. S'il y avait eu de la neige, nous ne serions pas descendus par exemple. Nous étions loin d'imaginer qu'il y aurait ce dégel du sol. Nous n'avons pas compris ce qui nous arrivait, pourtant nous avons toujours pratiqué la spéléologie de manière intelligente.

  • Comment s'est déroulée votre séparation en deux groupes?

Tout s'est joué sur 30 mètres.La découverte programmée s'est bien passée et nous avons voulu poursuivre en explorant un affluent du collecteur. Constatant qu'il y avait un fort courant, nous avons fait demi-tour mais Mouloud et Pierre qui étaient plus avancés que nous d'une dizaine de mètres et n'avaient plus pied ont été entraînés sans pouvoir s'accrocher à une corde de trente mètres que nous avons déployée pour les tracter. C'est au retour que nous avons constaté que le siphon était noyé.

  • Quelle a été votre réaction à ce moment-là?

Nous n'étions pas inquiets pour nous mais nous avons eu peur pour nos camarades car nous ne savions pas ce qu'ils étaient devenus. Ils ont en fait été entraînés sur plusieurs centaines de mètres avant de pouvoir ressortir de la rivière à la salle de la Corniche grâce à une corde récemment installée pour faciliter justement ce passage. Eux-mêmes nous ont expliqué qu'ils étaient persuadés que nous étions ressortis avant eux et que nous organisions leur sauvetage

  • Qu'avez vous fait de votre côté?

Nous nous sommes mis en position d'attente classique en rationnant nos vivres. Selon nos estimations et notre connaissance du réseau, la décrue devait se produire au bout de 24 heures Nous avons établi un rythme de vie d'une heure de sommeil et d'une heure d'activité physique, consistant à parcourir la galerie pour aller relever le niveau de l'eau.

  • Cela ne s'est pas passé comme prévu?

Il y a eu trois crues en fait. Voir que le niveau avait remonté nous a fichu un coup au moral mais nous pouvions tenir 5 à 7 jours avec nos vivres et nous avions de l'eau en abondance... Nous n'avons donc jamais été en manque de confiance. D'autant plus que nous pouvions imaginer facilement pour y avoir participé de nombreuses fois ce qui se passait en surface.

  • Quelle leçon tirez-vous de cette expérience?

Sur un plan humain, c'est une expérience très forte et enrichissante.Nous nous connaissons depuis longtemps mais nous avons été dans la peau de ceux que nous secourons habituellement. Nous avons aussi beaucoup pensé à nos proches qui devaient vivre cette épreuve difficilement.

  • Qu'allez- vous faire maintenant?

L'équipe du SAMU psy que nous avons rencontrée à notre sortie nous a conseillé de nous faire plaisir... Le nôtre c'est la spéléo mais peut-être allons nous laisser nos familles digérer ce coup-là avant de redescendre.

Fred JIMENEZ


L'Est Républicain - 11 janvier 2008

Le prix des secours spéléos

Toujours impressionnant, un sauvetage long est aussi coûteux mais derrière les chiffres bruts se cachent toute une réflexion et l'apport de la spéléo à la société.


BESANÇON._ C'est devenu un rite.Chaque secours spéléo important déclenche la même lancinante interrogation. Combien ça coûte? Réponse: cher! Mais, que vaut une vie?

«<i>Sans les spéléos, certains villages de France n'auraient toujours pas l'eau potable»</i>, rétorque le Secours spéléo français lorsqu'on dénonce le coût d'un sauvetage.

 
Référence du genre dans le département: le sauvetage des six spéléos amateurs suisses au bief Paroux en mai 2001 est revenu à 187.500€ se décomposant entre le SDIS 25 (149.500€ dont 61.000€ pour les 80 pompiers présents sur le site pendant 72 heures, 35.000€ de défraiement des 90 membres du Spéléo secours et 53.500€ de frais de logistique) ainsi que 38.000€ réclamés à la commune de Goumois, représentant les frais d'électricité, de communication, d'hébergement et de restauration de toute l'équipe.
Ce qui a changé depuis 2004 (et l' événement cité a manifestement favorisé une modification bienvenue de la loi) c'est que les communes ne sont plus astreintes à régler une partie de la note.

Recours possible

Bien entendu, le chiffrage du sauvetage de Déservillers n'est pas encore achevé. «Je n'ai pas encore reçu le détail des frais du Secours spéléo français» ,explique le colonel André Benkemoun, patron des pompiers du Doubs. «Pour notre part, nous évaluons l'intervention entre 100.000 et 150.000€.» Le gros de la facture sera réglé par le SDIS du Doubs. Du moins en ce qui concerne ses propres frais matériels et de personnel. L'indemnisation des sauveteurs du SSF est plus complexe. Si ceux-ci proviennent de Franche-Comté, leur défraiement (perte de salaire ou indemnité équivalente à celle d'un sapeur-pompier volontaire, soit moins de 10€ de l'heure) est prise en charge par le département.
Les spéléos d'autres régions sont indemnisés par l'État et bon nombre se trouvaient dans ce cas. Ensuite le SDIS 25 rembourse le matériel endommagé dans l'opération et les frais de consommables. Toutefois, il lui est laissé le loisir de se retourner contre les assurances des six spéléos pour obtenir remboursement de tout ou partie des frais engagés. Ce qui ne devrait pas poser de problème, ceux-ci étant affiliés à la fédération française de spéléologie.
Longs et complexes, les sauvetages spéléos demandent beaucoup de main-d'œuvre.Ici 40 à 50 pompiers pendant trois jours, 10 puis 30 et enfin 100 spéléos du SSF sur la même durée. Ce sont en effet ces derniers qui, en raison de leurs compétences particulières et de leur connaissance irremplaçable du milieu, s'acquittent principalement du sauvetage proprement dit.

Organisation originale

Créé en 1977 par la fédération française de spéléologie, le Secours spéléo français (SSF) compte 3.000 membres hautement qualifiés, allant du brancardier au médecin, en passant par le plongeur et l'artificier sur les 16.000 licenciés de l'Hexagone. C'est donc la seule activité de loisir qui s'auto-responsabilise.
Ce qui permet à ses organisateurs de faire-valoir le moindre coût des secours pour la société. Ce service assuré uniquement par des professionnels reviendrait «27 fois plus cher», a calculé le SSF, en comparant le coût d'une de ses équipes de 50 personnes (9.147€/an formation, équipement et entraînement compris) face à un corps constitué (246.007€/an).

L'apport de la spéléo

En outre, les spéléologues se targuent d'apporter bien plus à la société qu'ils ne lui coûtent. Cette activité se double également d'une mission scientifique par la reconnaissance des réseaux souterrains et la compréhension des phénomènes géologiques et hydrogéologiques; la dénonciation des pollutions des réserves d'eau souterraine; la découverte de nouvelles réserves d'eau potable ou de sites archéologiques comme la grotte Chauvet; le nettoyage de sites pollués... «Sans les spéléos, certains villages de France n'auraient toujours pas l'eau potable!» 30 km de nouvelles galeries sont explorées chaque année en France.
Les expériences de vie hors du temps ont également servi à la conquête spatiale. Et les techniques et le matériel développés par les spéléos ont trouvé des applications en surface.
Enfin, rappelle le SSF, «si le coût d'un secours peut varier de 1 à 100, il est le plus souvent modeste et surtout n'implique un spéléo fédéré qu'une fois sur quatre.»

Fred JIMENEZ

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