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L'Est Républicain - 12 novembre 2003 (Haute-Saône) "L'école de spéléo sort du gouffre"
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Jean-Marc Rias tisse sa toile d'araignée autour de l'ouverture béante. A mi chemin de Hyet et de Fondremand, le gouffre de Rougeterre se terre dans les bois. Foulant les feuilles automnales aux couleurs incendiaires qui jonchent les pourtours de la cavité, le moniteur vérifie le matériel. Une éraflure dans une corde et la sanction tombe, tel un couperet. La sécurité dans le milieu de la spéléologie ne se monnaie pas. Question de survie. Plusieurs arbres enracinés à proximité du gouffre servent de planche de salut aux explorateurs. Les cordes s'enroulent autour. |
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Emmanuel, 18 ans, achève de s'équiper sous l'oeil attentif de Laurent Galmiche, président du Comité départemental de spéléo, et de Jean-Luc Gérai, secrétaire du Spéléo dub de Vesoul. Le jeune homme bénéficie, en quelque sorte, d'un cours particulier. Une sortie organisée pour illustrer la relance de l'école départementale de spéléologie. « Créée en 2001, la structure avait fermé ses portes un an plus tard. Des soucis financiers mais également un mode de fonctionnement qui ne nous satisfaisait pas », explique Laurent Galmiche. Une mise à plat complète et aujourd'hui l'école revoit le jour avec, pour encadrer les futurs élèves, Jean-Marc Rias. Un sport qui fait grandir Une belle aubaine pour Emmanuel qui se passionne depuis un an pour ce sport. « Le mental compte autant que le physique. La découverte est toujours au rendez-vous. Le terrain n'étant jamais le même », confie cet habitant de Filain. Se retrouver enfermé sous terre, à ramper parfois dans des boyaux étroits...« J'adore ça. Au début, on ressent une certaine appréhension. Les battements du coeur s'accélèrent, les mains tremblent. Il faut s'arracher ! ». Et Emmanuel d'évoquer les sensations uniques ressenties, les « sueurs froides » parfois, quand il faut décrocher son mousqueton pour s'arrimer ailleurs. Surtout au début, quand l'expérience ne pallie pas la nervosité. « Confronté à soi-même, on acquiert davantage confiance en soi », assure Emmanuel. Le jeune homme éprouve le sentiment d'avoir grandi depuis qu'il sonde les entrailles de la Terre. « Si je commets une erreur, je suis le seul responsable. Quand j'ai commencé, j'étais un peu fou-fou. Je suis devenu plus mature », creuse le sportif. Et puis, bien sûr, la beauté de l'univers souterrain qui se dévoile dans toute son intimité. Harnachés, les spéléos entament leur descente. Le gouffre de Rougeterre est un des rares dans le département à sourdre comme un entonnoir, pour plonger à trente-cinq mètres sous le sol. Une superbe chouette, au plumage blanc argenté, s'effraie de l'invasion et prend de la hauteur. Une flamme vacillante au fronton des casques, la petite troupe s'enfonce dans l'excavation. Jean-Marc Rias veille. Attentif aux gestes d'Emmanuel. La lueur des lampes se reflète sur les parois abruptes, s'estompe. Le silence se referme sur les quatre hommes, happés par l'obscurité des profondeurs.
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Camaraderie et entraide L'école départementale de spéléologie avait fonctionné une année. Avant de clore ses portes. Nanti de cette expérience, le comité départemental (CDS) tente, à nouveau, l'aventure. « Lors du premier essai, le montage financier a posé problème », reconnaît Laurent Galmiche. Cette fois-ci, le budget, de 5.000 € par an, est assuré par plusieurs partenaires : conseil général, Direction départementale de jeunesse et sport et CDS. |
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Jean-Marc Rias sera sur le terrain pour aiguiller les élèves, jeunes et spéléologues à la recherche d'une formation complémentaire. Son brevet d'Etat en poche, l'homme s'investit depuis plusieurs années au sein de la Fédération française de spéléo. « En encadrant des stages par exemple », précise l'intéressé. Originaire de l'Ardèche, il vit désormais en Haute-Saône, près de Rioz. La spéléologie, il est tombé dedans petit. Ses parents lui ont filé le virus. Et n'a jamais tenté de s'en guérir. A l'aise dans ce milieu qui défend « un esprit de camaraderie ». |
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« C'est une activité qui nécessite un travail d'équipe et la mise en valeur de notions, telles que l'entraide et la solidarité », apprécie Jean-Marc Rias. Un homme qui défend énergiquement ce sport. Révolté des préjugés qui l'étouffent. « On en parle essentiellement en cas d'accident. Mais on dénombre moins de morts en spéléo qu'au ping-pong ! », s'insurge le conseiller technique adjoint dans le secours en spéléo. Une passion qu'il s'apprête donc à partager avec les futurs élèves de l'école. De la théorie en perspective, mais surtout beaucoup de pratique. « L'objectif est d'attirer des jeunes afin de renouveler la population de spéléologues », souligne t-il. Et puis d'orienter vers l'un des six clubs du département, ceux qui auraient vraiment la fibre souterraine. « Nous espérons une dizaine d'inscrits », commente Laurent Galmiche. Un effectif suffisant pour faire fonctionner l'école, unique en Franche-Comté, tout en assurant la qualité des cours. Isabelle Gérard Contact : Comité départemental de spéléo, tél. 03.84.49.09.50. Sur Internet : www. ffspeleo. fr/cds/70 |