Le Progrès, mercredi 15 octobre 2003

 "Arinthod : les spéléos pompent à Nancuise"

Pour un week-end, le village de Nancuise a perdu momentanément sa quiétude habituelle. Du samedi matin au dimanche soir, des individus casqués et couverts de boue avaient envahi le village et déambulaient au gré des chemins. Ces envahisseurs n'étaient autres que des spéléologues qui participaient à une opération de pompage dans une des grottes locales.

Cette opération était orchestrée par les clubs d'Arinthod et de Saint-Claude épaulés par des collègues Bourguignons qui ont fourni le matériel lourd : pompes, tuyaux, câbles et branchement électrique.

 

Les spéléos mettaient à profit les effets de la sécheresse estivale pour tenter d'abaisser le niveau d'une galerie noyée. Ce siphon est situé à une centaine de mètres de l'orifice de la grotte des Petits Prés qui s'ouvre non loin du Valouson, au pied du relief à l'est du village. Cette galerie longue d'une vingtaine de mètres avait déjà été franchie dans les années 80 par le Groupe spéléologique jurassien puis par une équipe de Saint-Claude. Au-delà, environ 150 mètres avaient été reconnus jusqu'à une seconde galerie immergée. Le passage du premier siphon, particulièrement trouble et glaiseux, limitait d'autant les investigations au-delà, et les explorateurs envisageaient depuis longtemps de pomper l'eau afin de reprendre les explorations en toute sécurité.

 

Le conseil municipal de Nancuise préalablement consulté, avait donné son accord. Après cette longue période de sécheresse, cette expérience de pompage pouvait apporter une meilleure connaissance des ressources en eau et éventuellement solutionner les problèmes d'alimentation de la commune.

Après deux heures de fonctionnement la pompe de 140m3 /heure permettait de vider le premier siphon et les spéléos poursuivaient leur progression jusqu'à la seconde zone noyée. Une topographie précise a pu être levée, et une rapide reconnaissance menée dans le second siphon. La galerie immergée a été reconnue sur 60 mètres de long pour une profondeur de 17 m.

Ce volume d'eau suffirait amplement aux besoins locaux, mais son exploitation n'est guère envisageable en regard des difficultés techniques pour aller y effectuer un pompage.

Même si les résultats paraissent maigres par rapport aux moyens mis en œuvre, ces deux journées ont permis à une quarantaine de spéléologues de se réunir et de travailler ensemble sur un même objectif.


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