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L'Est Républicain - 16 décembre 2003 "La grotte de Chenecey engluée dans une impasse !"
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Besançon - Avant de vous lancer dans le projet d'exploitation commerciale d'une nouvelle grotte, prenez bien soin d'aller consulter le registre du cadastre. Depuis 1991, le maire de Chenecey-Buillon et l'exploitant privé avec lequel il a passé convention ne doivent pas manquer de se repasser en boucle cette même question. Depuis 1991, en effet, l'ouverture au public de la grotte Mathieu est bloquée. Non pas que les normes de sécurité ne soient pas remplies. Mais tout simplement parce qu'un propriétaire d'une parcelle de surface s'oppose invariablement au passage de visiteurs dans « son » sous-sol. Les textes de loi, sur ce point, sont extrêmement précis. |
Camille Tournier, maire de Chenecey-Buillon près de Besançon : "nous aurions pu en profiter pour faire réaliser des aménagements touristiques". |
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Au bord du puits de 27 mètres qui permet de plonger au coeur de la cavité, Camille Toumier, le maire de Chenecey, ne pensait pourtant pas se heurter à tel mur de difficultés. « Auparavant, c'est le club spéléo de Belfort qui organisait les visites à la demande » rappelle-t-il. « Au décès de son responsable, nous avons décidé de lancer un appel d'offres pour une exploitation plus professionnelle ». Déjà propriétaire du site d'Osselle, c'est Claude Hass qui a alors emporté le marché. Des loyers en pure perte Propriétaire des terrains situés à proximité de l'entrée, la commune ne s'est pas spécialement méfiée. Le nouvel exploitant encore moins. Un bail de location de 99 ans renouvelable tous les 6 ans a été signé. Parallèlement à l'instruction du dossier de demande d'ouverture, les premiers travaux ont même été réalisés : électricité, échelle métallique, cheminement piétonnier. Au total près de 500 000F ont été investis. En pure perte pour l'instant. Faute d'autorisation, la porte d'entrée est toujours cadenassée. Pis pour l'exploitant, depuis 13 ans maintenant, il doit s'acquitter du loyer. Lors du renouvellement du bail en novembre dernier, celui-ci a bien été revu à la hausse mais, au fil des ans, l'enveloppe a déjà atteint la coquette somme de 450 000F. De quoi s'étrangler. « On veut des plans précis » Agriculteur depuis deux générations au hameau des granges Mathieu, Jean Gauthier, lui, reste sur sa position en bougonnant. Tant qu'il n'aura pas vu des plans précis, pas question de donner son accord. « On ne sait pas ce qui va être fait pour les chemins. Pour stationner les voitures » indique-t-il avant de préciser que les maisons sont desservies en eau par un modeste tuyau de 27mm. « Qu'en sera-t-il de la sécurité ?» ne manque-t-il pas de s'interroger. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir été courtisé « L'exploitant lui a proposé un pourcentage sur les entrées ainsi que l'exclusivité des recettes des souvenirs » confie le maire. Rien n'y a fait. Au grand regret de Camille Toumier qui y voyait là une belle occasion de développer l'activité touristique avec le soutien du conseil général. « En perçant une entrée depuis un terrain communal, nous pouvions arriver de plein pied dans la cavité » explique-t-il. « A proximité, nous aurions alors pu aménager une maison des grottes. Des gîtes et des activités VTT auraient aussi pu voir le jour » se prend-il toujours à rêver. Un rêve qui, pour l'instant, a au moins 99 ans pour devenir réalité. Bernard Payot
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