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L'Est Républicain - Mardi 09 novembre 2004 "Cavités souterraines : un plan pour prévenir les risques" |
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Durant seize mois, l'ensemble du sous-sol départemental a été passé au peigne fin. Etat des lieux. On connaissait déjà les plans de prévention des risques d'inondations (PPRI) ou des risques sismiques majeurs. Voici maintenant venu celui de la prévention des risques d'effondrement liés à la présence de cavités souterraines. Dans le cadre d'un recensement effectué au niveau national, l'ensemble du département vient en effet d'être passé au peigne fin durant 16 mois par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Objectif ; répertorier non seulement les réseaux naturels, mais aussi les carrières abandonnées, les ouvrages civils (tunnels, caves, aqueducs) ou encore les ouvrages militaires (fortifications et sapes des dernières guerres). Face à une pression foncière sans cesse plus importante, le besoin s'est en effet fait sentir d'établir un diagnostic permettant d'éviter des accidents aussi spectaculaires que préjudiciables d'un point de vue économique. L'un des derniers phénomènes en date reste bien sûr les importants affaissements miniers de l'Est de la France des années 1996. 240.000 cavités répertoriées Dans tout l'Hexagone, 240.000 cavités sur les 500.000 estimées ont donc déjà été répertoriées dans 35 départements. Treize sont d'ores et déjà achevées à l'exemple du Doubs particulièrement riche avec son sous-sol karstique. Dans bien des cas, en effet, la connaissance des sites - surtout pour les anciennes exploitations - s'appuyait sur une transmission orale (d'anciens propriétaires, des élus communaux, d'anciens carriers...). Un patrimoine qui s'est peu à peu délité au fil des années, amplifiant du même coup les risques d'accident. C'est pour éviter ce genre de problèmes que les représentants régionaux du BRGM se sont mis à l'ouvrage afin de « conserver la mémoire », « mieux connaître le risque » et « mieux organiser les secours en cas de crise». Concrètement, leurs investigations se sont d'abord appuyées sur une recherche bibliographique exhaustive. Puis, un questionnaire a été adressé à toutes les communes ainsi qu'aux services techniques concernés (archives du service des mines, DDE, DIREN, DRAC...). Sans oublier les spéléos qui se sont malheureusement révélés peu coopératifs en la matière. « II est dommage que certains services ou associations se soient montres réticents à ouvrir leurs archives même en étant prévenues du code de confidentialité des données » ont ainsi déploré les auteurs du rapport. « Notamment le comité départemental de spéléologie qui aurait permis d'enrichir l'inventaire ». Le regret, d'ailleurs, vaut aussi pour tes communes puisque que 50 % d'entre elles seulement ont accepté de retourner le questionnaire. Savoir où mettre les pieds Mais cela n'a pas empêché le BRGM de se livrer à un travail considérable de terrain puique toutes les cavités insuffisamment décrites ont fait l'objet d'une visite. Au total, 1.104 cavités naturelles, 18 carrières souterraines abandonnées, 57 ouvrages de génie civil et 24 ouvrages militaires ont ainsi pu être finement analysés. Tous ont fait l'objet de fiches de saisie qui vont désormais pouvoir alimenter des cartes de synthèse et des banques de données. Des outils prédeux pour tous ceux qui, constructeurs ou aménageurs, ont intérêt à savoir où ils mettent les pieds. Pour toute information complémentaire, contacter les sites www.bdcavite.net ou www.bdmvt.net. Bernard PAYOT |
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L'Est Républicain - Vendredi 12 novembre 2004 "Les spéléos défendent leur territoire" |
| Alors que le 4ème tome de l'Inventaire départemental vient de sortir, Ils veulent que leur travail soit reconnu. « Nous entendons être reconnus comme les vrais spécialistes de l'exploration du sous-sol. Et on ne voit pas pourquoi on livrerait le résultat de 20 ans de travail sans contre-partie ». Président du GIPEK (groupement pour l'inventaire, la protection et l'étude du karst du Jura), Denis Motte n'a pas du tout apprécié la mise en cause faite par le BRGM dans son rapport de synthèse sur les risques liés aux cavités souterraines (ER du 9 novembre). « Nous avons effectivement eu des contacts il y a 2 ans. Mais, nous ne sommes pas parvenus à trouver un accord » confirme-t-il. |
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Ni garantie ni contre-partie En fait, le BRGM - service spécialisé dans l'étude géologique et minière pour le compte du Ministère de l'écologie et du développement durable - souhaitait disposer de l'ensemble des données. « Mais, il n'a jamais été en mesure de nous proposer la moindre compensation ». « Nous n'étions pas figé sur l'aspect financier » fait-il observer, «Nous pouvons très bien comprendre certaines contraintes budgétaires. Mais, nous pensons que nous aurions pu établir un vrai partenariat. Les cartes géologiques sur CD Rom nous intéressent. Les publications sur le karst aussi. Tout comme certaines bases de données ». Bref, à l'écouter, il y avait largement matière à coopération. Malheureusement, les discussions ont rapidement tourné court. « D'autant que nous n'avions aucune garantie sur la propriété intellectuelle et sur l'utilisation de nos informations » relève encore Denis Motte qui ne manque d'indiquer que le BRGM, lui, n'hésite pas à faire payer l'accès à certains de ses sites. Coïncidence, l'initiative tombait encore plus mal pour le GIPEK que l'association mettait la main au dernier volume -le 4e- de l'inventaire spétéologique du Doubs. Un ouvrage de 500 pages qui a nécessité un travail considérable ainsi que la mobilisation de centaines de bénévoles qui, méthodiquement, sont allés explorer, répertorier et topographier. Les dernières explorations Après le pays de Montbéliard, la région de Besançon et le plateau, l'inventaire du Haut-Doubs porte en tout cas à 5.000 le nombre de cavités qui sont désormais officiellement recensées. Avec, pour chaque édition, son lot de nouveautés et de remises à jour. Ainsi, pour le Haut-Doubs, les grands sites historiques que sont la source de la Loue avec ses 50 mètres de profondeur et 1.720 mètres de long ou la source du Doubs avec son entonnoir de 70 mètres sont aujourd'hui complétés par l'exploration en 2002 du siphon de la Grotte du Pont du Diable à Morteau (86m qui en font le plus profond de tout l'Est de la France). Autres découvertes ; le gouffre de la Rasse il y a 2 ans près de Maîche (175m) ou le gouffre du Mont Ratey à Arc-sous-Cicon (238). Sans oublier, bien sûr, le plus grand réseau du secteur (après le vemeau) : celui de Sainte-Catherine à Laval-Le-Prieuré (3.260m). Bref, une véritable mine d'or accumulée au fil des années. Un trésor dont on peut comprendre qu'il soit difficile de se séparer. Bernard PAYOT
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