L'Est Républicain - 13 septembre 2004

 Fausse victime et vrai secours spéléo

Grande manoeuvre et simulation d'un plan de secours souterrain ce week-end à Nans-sous-Sainte-Anne.

C'est arrivé samedi matin. Pour de faux. Une spéléo est coincée, avec une fracture ouverte, dans une galerie souterraine. Les secours doivent se mettre en place. Ce n'est qu'un exercice, mais pas le droit à l'erreur. On ne rigole pas quand une grande manoeuvre simule le déclenchement d'un plan de secours en milieu souterrain.

Cette manoeuvre implique la préfecture, la gendarmerie, les pompiers et les hommes du Spéléo Secours Français. Lieu choisi : le reseau du Vemeau, dixième réseau de France, qui compte quelque 35 kilomètres de galeries. Scénario : un groupe de spéléo est entré par le gouffre de Bief-Bousset près de Déservillers pour un parcours de huit kilomètres qui leur permet de ressortir par la grotte de Baudin, près de Nans-sous-Sainte-Anne. A deux kilomètres de la sortie, l'un deux tombe et se blesse. Le reste du groupe sort et donne l'alerte. Début des opérations : 8 h.

« En cas d'incident spéléo, il y a une procédure à respecter », explique sur le terrain Bruno Delsol, le sous-préfet de Montbéliard, de permanence ce week-end pour le département. « L'alerte donnée, une conférence téléphonique se met en place entre le fonctionnaire de la Protection civile de la préfecture, le centre opérationnel des pompiers et le conseiller technique départemental du Spéléo Secours Français. »

 

Compétences

Le plan déclenché, tout se met en place. A chacun sa mission. Les bénévoles du Spéléo Secours Français, compétences obligent, s'occupent de tout ce qui se passe sous terre. Samedi, pas moins de 65 personnes de l'association étaient là pour assurer l'évacuation du blessé. « C'est très compliqué », explique Didier Pasian, conseiller technique départemental. « II faut tout d'abord que notre équipe médicale rejoigne la victime pour lui donner les premiers soins. Dans le cas présent, il faut trois heures pour atteindre la personne qui n'est qu'à deux kilomètres de l'entrée de la grotte Baudin. »

 

Parallèlement, d'autres équipes préparent le terrain pour que l'évacuation soit possible. Quand la galerie est trop étroite pour faire passer le brancard, il faut utiliser des explosifs. Quand il y a des passages verticaux, il faut installer des cordes... Il y a aussi les équipes de spéléos qui s'occupent de la transmission des infos. L'évacuation en elle-même se fera par relais. Bref, tout cela prend du temps. Selon les prévisions du conseiller, le médecin spéléo rejoindra la victime (une spéléo bénévole elle aussi) à 18 h. « Elle devait sortir de terre entre 4 et 8 h du matin. »

Une course contre la montre. « Cet exercice permet tout le monde de se tester », conclut Bruno Delsol. « Mais il permet aussi de voir comment fonctionne la coordination entre les équipes de spéléos et les pompiers. » Sur le terrain, chacun doit donner le meilleur de soi-même.

Le meilleur ce week-end a eu lieu à 7 h 15, dimanche. La fausse victime a revu le jour. Sentiment du devoir accompli. Le plan de déclenchement de secours en milieu souterrain se termine.

Eric Daviatte


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