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L'Est Républicain - 09 février 2002 (Doubs) "Gigantesque réseau souterrain aux Essarlottes"
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92, les spéléologues bloquent sur une étroiture au gouffre des Essarlottes non loin de Gevresin à 70 mètres sous terre. Derrière ce "barrage" ils "pressentent" quelque chose. La situation géographique du trou, proche de la source du Lison, l'une des plus grosses résurgences du département avec la Loue et le Doubs, corrobore leur sentiment. " Un puits derrière l'étroiture, un important courant d'air, la circulation d'eau, un écho " tout indique de façon quasi scientifique qu'il existe une possibilité d'ouverture. Les explorateurs laissent pourtant l'aventure en sommeil durant une petite dizaine d'années, par lassitude, parce qu'il y a d'autres promesses ailleurs, parce que l'ampleur de la tâche décourage un peu. Bref, il n'y reviennent qu'en 2001 " la technique a progressé, notre matériel s'est amélioré, nous avions davantage d'expérience". Une vingtaine de séances plus tard, soit des journées de 8 heures à tenter de percer le mystère et la roche, c'est le miracle attendu. Ils sont six ce jour-là, dont Emmanuel Ruiz le président du club, Jean-Pierre Villegas et Mouloud Koob deux vice-présidents, qui après 80 mètres de descente tombent sur un nouveau réseau de cavernes. Bonheur ! |
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Siphons D'abord une grosse galerie et une rivière d'importance, qu'ils évaluent à un cinquième du Lison, "mais nous n'en n'avons pas encore mesuré le débit ". Là, s'étagent trois niveaux de galeries, l'une avec cascades, l'autre semi-active et un niveau dit fossile, avec de superbes zones de concrétions, l'émotion est intense, même si les spéléos ne sont pas du genre à se laisser attendrir facilement, "La spéléo est le dernier terrain de découvertes possibles. Nous sommes sur des terres vierges, personne n'a posé le pied ici avant nous ". Impressionnés, ils savent que de ce collecteur dépendent d'autres galeries. "Ce réseau deviendra une classique, par sa beauté d'abord, mais aussi, parce que techniquement, il offre une progression variée, avec des cascades, des escalades, des désescalades, des bassins..." prédisent-ils. |
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Aujourd'hui, les spéléologues sont freinés dans leur démarche par deux siphons, l'un en aval, l'autre en amont. Des plongeurs pourraient aller voir ce qui se passe de l'autre côté, eux ne plongent pas, ils progresseront donc par l'intermédiaire de l'une ou l'autre des galeries superposées. A condition que la météo y mette du sien. Subventions Pour l'heure ils ont tout le loisir d'admirer, non seulement les colonnes, les fistuleuses plus modestes, et même des perles de calcite parfaitement rondes. Autant de données qu'il convient désormais de décrire scientifiquement. Cartographie des lieux, relevés divers, Ils ne chôment pas. Si la découverte a dopé les clubs alentours, elle intéresse aussi les géologues et les hydro-géologues, et tout ceux que touche la pollution, les possibilités de captage etc. "Un travail qui demande aussi des aides, tant logistiques que financières. Le club manque de moyens. Il vit d'une subvention de 8.000 F de la ville (1.220 euros), c'est aussi la somme de matériel que nous avons laissé sur place pour poursuivre l'exploration. A perte, car pour des raisons de sécurité il ne sera pas réutilisable. Un ordinateur nous aiderait pour la cartographie et nous avons besoin de conseils de spécialistes. Dans l'idéal, un GPS permettrait de trouver d'autres entrées, parce qu'il y en a forcément". A la rigueur du travail s'ajoute un optimisme sans faille. Sûr, il a été jusque-là récompensé. Alors le club spéléologique du Doubs s'est déjà tourné vers la DIREN et la fac de géologie. Bientôt il cherchera un appui du côté du département et de la région. Si la demande est urgente, il en est une plus urgente encore... celle d'une météo moins humide. Qui permettrait très très vite d'y retourner. Catherine CHAILLET |