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Le Progrès du Jura - vendredi 5 juillet 2002 "Polémique autour du trou du crâne crevé à Géraise"
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Les services de la Drac avaient annoncé leur intention de faire boucher un gouffre sépulcral pré et protohistorique à Géraise, c'est-à-dire l'obstruer par un déversement de matériaux. Hier matin, les différentes parties sont parvenues à un compromis : une fermeture de protection y sera installée. Mais si le trou est protégé, la plaie reste ouverte. Les archéologues voudraient pouvoir poursuivre leurs travaux.
Discussions animées Très vite, le ton de la discussion allait monter. Notamment entre Michel Faivre un spéléologue amateur, "co inventeur" du site et le fonctionnaire de la DRAC. Avec force gestes, les deux hommes avancèrent des arguments contradictoires, dépassant parfois les limites de la courtoisie la plus élémentaire : la passion semblait rompre les digues. L'amateur argumentaitsur le non sens de boucher le trou et l'incurie des pouvoirs publics ; le fonctionnaire sur la nécessité de le protéger. L'épisode s'acheva au bout de quelques dizaines de minutes, avec le départ du spéléologue amateur. Il fut encore question dans la mairie, mais alors en terrnes courtois et responsables, parfois fermes, de courriers non reçus par le maire de Géraise, d'autres échangés entre Christophe Cupillard et Gérard Aimé, le président de la fédération française d'archéologie. Et d'appels téléphoniques n'ayant pas aboutis.
Le trou du Crâne crevé est ainsi appelé parce qu'alors qu'elle cherchait un autre gouffre, une jeune spéléologue s'est mise à ramper dans un étroit boyau en décembre 1997. Sa première découverte fut un crâne trépané. D'où la dénomination du site. On notera que cette pièce archéologique devrait être entreposée au musée archéologique de Lons où elle retrouvera l'ensemble du matériel mis à jour dans ce trou. De nombreux mystères Gérard Aimé connaît bien ce site. La conduite d'un sauvetage urgent lui en fut confié au début de l'année 1998. La découverte avait été faite en décembre 1997. Ces travaux du printemps et de l'été 1998, sur 38 jours, ont permis de mettre en évidence une vingtaine de couches archéologiques avec un total de 16 sépultures et au total une vingtaine d'individus sur une chronologie de 3650 ans. Ce qui est déjà exceptionnel. 0r ces sépultures vont de la fin de la Gaule indépendante (entre -120 et -80 avant Jésus Christ) à une période remontant au néolithique moyen (autour de - 3800). Elles font état des rites mortuaires, témoignent de sacrifices d'animaux. Mais comment expliquer ainsi que, sur plus de 3600 ans, on ait eu recours à cette cavité verticale pour des sépultures aussi espacées dans le temps ? Tout n'a pas été fouillé. « On sait qu'il reste au moins 1,50 m de sépultures » précise Gérard Aimé. |