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Le Progrès du Jura - mardi 18 février 2003 "Voyage au centre de la terre : 2300 grottes et gouffres dans le Jura"
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Avec ses quelques 2300 grottes et gouffres répertoriés, le Jura est un formidable terrain de jeu pour les passionnés de spéléologie. Parmi eux, le groupe de recherche spéléo de Besain est l'un des clubs les plus dynamiques. Ses membres pratiquent l'activité de la plus belle manière qui soit : avec bonne humeur. Découverte, en compagnie de trois d'entre eux, de la Borne aux Cassots. |
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Al'extérieur, le thermomètre affiche moins treize degrés. Il est un peu plus de 9h30. Sur la parking situé en contrebas de la grotte qu'ils vont explorer, les spéléos se soufflent dans les doigts. Il s'agit de vite s'équiper. "Dedans, il fera plus chaud". Effectivement, passée l'étroite ouverture qui donne accès à la borne aux Cassots, la température remonte très nettement. Plus de vingt degrés d'amplitude. "Vous allez avoir l'impression qu'il y a du chauffage" prévient Pascale.Chacun remplit le réservoir de sa lampe à acétylène de carbure de calcium et d'eau, puis ajuste son casque. Et le groupe entame sa progression. |
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A l'exception de quelques chauve-souris qui ont choisi d'élire domicile ici et qui sont accrochées au plafond, aucune trace de vie dans les ténèbres de la galerie fossile. Parce qu'il présente une topographie variée, ce site s'avère très intéressant. Il fait partie des lieux les plus connus du Jura. Son accès est strictement réservé aux clubs et individuels membres de la fédération française de spéléologie. II est particulièrement bien adapté à l'initiation et à la découverte, même si, à l'instar de la plupart des autres grottes, il présente des risques qu'il convient de savoir mesurer. |
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Des cavités où l'on progresse "en opposition" |
La première descente la plus abrupte est facilitée par l'installation d'une échelle. Quelques aménagements et dispositions de pierres en escaliers témoignent encore du travail réalisé il y a quelques décennies par le club de Lons-le-Saunier, lequel explora le premier la borne aux Cassots. Le courant d'air qui balaie le boyau ascendant vers une cavité baptisée « le métro » souffle les flammes des lampes frontales. L'humeur est à la franche rigolade. Rémy, Jean-Christophe et Pascale pratiquent la spéléologie dans un esprit ludique. Certes, ils trouvent dans cette activité les intérêts conjugués d'une activité de découverte, d'un sport complet, teinté d'un brin d'aventure. Mais tout ceci ne doit selon eux pas occulter l'amitié. Et puis la spéléo ne se pratique pas seul, sécurité oblige. Alors autant en apprécier pleinement toutes les saveurs. |
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Très vite, le groupe arrive au niveau de la rivière souterraine. Les spéléos pensaient ne mouiller que les bottes. La grotte s'avère trop large ici pour progresser « en opposition » c'est à dire en appui de part et d'autre de la paroi. Finalement, Il faudra s'immerger jusqu'à la taille pour pénétrer plus avant dans les dédales de la cavité. La fraîcheur de l'eau saisit. Le groupe affiche un plaisir quasi-enfantin dans ce bain imprévu. De boyaux étroits en immenses espaces : la magie du lieu comble de bonheur, même si chacun connaît ce site par cœur. "Ce qui est le plus intéressant, ce sont les premières". Dans le jargon de la spéléo, « une première », c'est une cavité inexplorée, vierge de toute intrusion humaine. |
La Borne aux Cassots à Névy sur Seille présente des cavités immenses au fond desquelles coule une rivière. |
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Par ailleurs, la grande majorité de la vingtaine de membres que compte l'ex groupe de recherche spéléo de Besain depuis peu renommé association spéléologique du premier plateau (ASPP), est aujourd'hui accaparée par la mise au jour d'un site nouveau qu'ils ont baptisé " la baume à Bélard ». Une aubaine dans la « carrière » d'un spéléo. Voilà plus de vingt ans que le club de Besain est né de la volonté de trois passionnés à savoir Rémy Limagne (actuel président du comité départemental de spéléologie) Pascale Lafosse à qui il a succédé à ce poste, et Roger Ballet. Des qui ont su impulser une dynamique à ce club qui est aujourd'hui par sa taille (plus d'une vingtaine d'adhérents) le plus important du département du Jura. Un département où cohabitent une dizaine de clubs avec au total une centaine de spéléologues fédérés. |
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La spéléo jurassienne en chiffres
Et quelques belles cascades à admirer à la lueur de sa lampe frontale |
- 1965 : C'est l'année de naissance du Comité départemental de spéléologie. - 2300 : le nombre approximatif de grottes et gouffres recensés dans le département - 150 : le nombre d'adhérents jurassiens à la Fédération Française de Spéléologie - 10 : le nombre de clubs en activité - 60 : le nombre d'accidents ou incidents souterrains depuis 1900 - 145649 : le nombre de visiteurs sur le site internet "juraspeleo.fr" |
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Les structures pour pratiquer Le site internet "www.juraspeleo.fr" propose se une liste des clubs regroupés au sein du comité départemantal de spéléologie du Jura. "Toutefois, il existe d'autres structures permettant, notamment aux néophytes, d'aborder le monde souterrain" précise le créateur du site, Jean-Claude Frachon. Outre la dizaine de clubs répartis sur le département, les MJC et foyers ruraux proposent parfois une découverte de la spéléologie à leurs adhérents, les bases de loisirs de Bellecin et le CREPS de Chalain inscrivent l'activité à leurs calendriers. Par ailleurs, certains centres de vacances font ponctuellement appel au comité départemental de spéléologie pour obtenir des moniteurs brevetés, seuls habilités à encadrer des stages ou des séances d'initiation. Reste que pour les individuels et les touristes de passage, les grottes aménagées de Baume, des Planches, ou des Moidons permettent une première approche du monde souterrain. Evidemment, les aménagements, l'éclairage, et les effets spectaculaires proposés par les guides, s'ils offrent l'avantage de permettre l'accès à tous, déforment un peu l'image de ce milieu naturel. Par ailleurs, le site mentionne l'existence dans le Jura d'une cavité semi-aménagée : la grotte de la Pontoise. Karine Jourdant |