La perte des Ravières ou gouffre du Folavoir / Jean-Marc Rias / Etude cavité BEES spéléo

Chap. 1-6

Chap. 7

Chap. 8

Chap. 9-10

Chap. 11-12

 

11- Autres caractéristiques :

11.1- Le concrétionnement :

On n'ira pas visiter la cavité pour la beauté de ses concrétions. Malgré  tout, on peut en trouver dans certaines galeries. La galerie des Excentriques est la plus jolie ; coulées, stalagmites et stalactites bouchent allègrement le passage et nous oblige à passer des étroitures. On notera la présence de quelques fistuleuses. Pour les passionnés d'étroitures, il y a la méduse de l'affluent du même nom.

Excentriques (80ko)

11.2- Les formes d'érosion :

Beaucoup plus nombreuses que les concrétions elles nous permettent de mieux comprendre la formation de la cavité. On trouve une multitude de remplissages repris par l'érosion,  des planchers stalagmitiques, des cupules d'érosion, des talus d'argile de décalcification, des conduites forcées et même du sable (galerie des R'zopés).

11.3- La température :

A 450 m de l'entrée, au fond de la galerie des R'zopés, il n'a été observé au thermomètre à mercure aucune variation journalière ou saisonnière. La température est constante  (8,5°C).

Toujours à 450 m de l'entrée mais dans l'actif, au niveau du ressaut Vagine la variation existe et est due à la présence de la rivière (échange calorifique entre l'eau et l'intérieur de la cavité). La différence de température qui est de 1°C entre l'hiver (7,5°) et les autres saisons (8,5°) reste importante pour le milieu souterrain.

11.4- L'hygrométrie :

Il semblerait que la période la plus humide soit l'été (en dehors des périodes de hautes eaux) : l'air est plus chaud et peut contenir plus d'humidité (cas de l'entrée).

11.5- La faune cavernicole :

A ce jour aucun chiroptère n'a été observé dans la cavité (je n'ai hélas aucune explication à cela). En revanche, les faucheux (opilions), et araignées méta se disputent les parois d'entrée avec les trichoptères. Dans le lit du ruisseau il a été trouvé des amphipodes (niphargus), des sangsues, grenouilles, salamandres. A noter la présence de mollusques, Oxychilus ( ?) loin de l'entrée : salle de l'affluent. Enfin, un grand nombre de fossiles (galeries Lafayette) issus des marnes de l'Aalénien révèlent une faune aujourd'hui disparue et pas du tout cavernicole.

 

Ca pousse dans la salle de l'affluent, et ce n'est sûrement pas une salade...

12- Conclusion :

Ce mémoire de cavité constitue à ce jour, l'unique édition de la topographie du Folavoir et de son étude. J'espère pouvoir l'approfondir davantage (meilleure compréhension de la coloration, étude des courants d'air et de la faune.). Une étude plus complète devrait être publiée dans le bulletin des Spiteurs Fous « Fruits de la Passion » n°3.

Et maintenant ?

L'aventure n'est pas nécessairement achevée, il reste beaucoup à faire, à interpréter, à comprendre, toujours à la recherche du collecteur principal. Le niveau de base de ce réseau souterrain (dit réseau souterrain du Bief Poutot) offre un potentiel de dénivellation de 450m mais (il y a toujours un mais) les vitesses de transit de l'ordre de 60m/h sur une distance approximative de 11,5 km montrent qu'il est fort possible que ce réseau soit en grande partie inondé. Les optimistes ne verront qu'une faille/verrou à franchir (visible sur la carte géologique), sans doute à l'endroit où le synclinal de Goudreuille change de direction pour venir se greffer sur le collecteur principal du Bief Poutot. Les pessimistes iront creuser ailleurs.

 

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